D’après toi, qu’elles sont les principales qualités de celle qui ne se laisse pas tomber ?
Celle qui mène au bout ses projets, qui assument et réalisent ses ambitions ?

L’une de ses grandes qualités est qu’elle sait reconnaitre ses forces et ses failles.
Elle a aussi appris à dépasser ses peurs et surmonter les obstacles qui se présentent sur sa route.
Elle est persévérante et elle avance constamment, même lentement. Lorsqu’elle s’arrête pour se ressourcer, elle sait prendre appui sur le flot constant de sa vie et continue de s’en nourrir.
Elle sait tirer les leçons de ses erreurs.

Bref, elle se connait bien et cette connaissance de soi est la base solide de la confiance qui la fait avancer.

Pourquoi plusieurs d’entre-nous n’y arrivons pas ?

Il y a tant de façons de se laisser tomber.

On la connait bien cette voix intérieure qui sabote nos idées, nos projets, notre énergie…

Comment faire pour libérer la puissance de la confiance en soi ?

Une blessure invisible

Certaines blessures intérieures sont si profondes, si douloureuses que l’esprit conscient doit s’en détourner pour fonctionner. Il faut se les cacher à soi-même pour survivre. Elles deviennent ainsi difficiles à déceler. Elles nous privent de certaines parties de nous-mêmes et entrainent avec elles les racines de la confiance et de l’estime de soi, nécessaires à notre épanouissement.
Parvenir à soigner, voire même à guérir de ses blessures invisibles, suppose d’entreprendre le courageux travail sur soi, un voyage qui doit être bien accompagné.

Quelle est la place du corps dans la réparation de nos blessures invisibles ?

L’espace du corps et celui de l’esprit ont été si longtemps séparés que même si les consciences et la science évoluent, plusieurs experts sont d’accord pour dire qu’il y a encore beaucoup à faire pour redonner à chacun sa juste place et surtout, comment établir une circulation et une résonance riches de transformations et d’apprentissages, entre les deux. Il y a bien une unité psychocorporelle à construire !

« Il n’y a rien dans l’esprit qui ne soit passé par nos sens, et par nos gestes. C’est le corps qui d’abord « informe » le psychisme et le met en forme. » Didier Anzieu1

Ce qui fait dire à Gloria Steinem : « Si le sentiment de n’avoir aucune valeur est enraciné dans notre corps, c’est par notre corps que doit commencer la reconquête de l’amour-propre. »2

Une révolution qui doit émerger de notre propre centre. Un centre de pouvoir qui est un point d’équilibre entre soi et autrui.

Construire l’unité psychocorporelle

Pour construire cette unité psychocorporelle il faut de la présence et de l’écoute bien sûr, mais pas uniquement. Ce point d’équilibre dynamique doit être envisagé comme l’espace d’un dialogue à établir. Une relation à développer. Une conversation à engager, à nourrir et à faire grandir.

Et toi, comment réponds-tu aux messages que t’envoie ton corps ? Arrives-tu à en saisir le sens ?

Développer une relation forte, solide et intime avec soi-même, passe aussi par une autre manière de connaitre et d’interagir avec son propre corps et l’intelligence qu’il met à notre disposition.

Se redonner des os qui assument avec conscience leur fonction de soutien, d’appui, d’ancrage solide et fiable. Des contours protecteurs qui apaisants et régulent notre équilibre interne, des axes bien alignés et une coordination unifiée de toutes les parties du corps permettent de déployer toute la puissance de notre centre de pouvoir.

De ce point d’équilibre, notre âme peut enfin se déposer, se restaurer et réintégrer pleinement sa fonction créatrice.

1 Didier Anzieu, « Le penser, du Moi-peau au Moi-pensant » Paris, Dunod, 1994
2Gloria Steinem, « Une révolution intérieure », Paris, InterÉditions, 1992