« La liberté c’est accepter de laisser partir ce à quoi tu tiens le plus. »

L’autre jour, j’étais avec une amie, devant une bonne bouffe, un verre de vin, la douceur des rayons du soleil et un échange comme je les aime. En toute simplicité, on discutait de nos chemins de spiritualité. Je lui confiais que ma vie n’aurait pas de sens sans cette dimension sacrée, mais paradoxalement, mon chemin spirituel a été si difficile que j’y ai laissé ma confiance et ma joie de vivre pendant un long moment.

On se rappelait les événements de nos vies qui nous ont amenées à entreprendre cette démarche spirituelle. Les souvenirs de la découverte, du point de départ, des moments souvent intenses et inoubliables. Puis viennent les autres, tout aussi inoubliables et qui nous laissent ébranlées, brisées, parfois même vaincues…

J’ai mis du temps à comprendre que c’est à ce moment-là qu’a réellement commencé ma démarche. J’avais besoin d’apprendre à tisser un lien de confiance avec ma vie. Un lien de confiance avec le sens qu’elle porte. Un chemin qui a pour phare la liberté. L’étoile qui guide mon chemin spirituel est cette liberté qui peut m’étourdir tant elle m’échappe.

Je confiais à mon amie que par moment, le mot liberté à lui seul pouvait m’entrainer dans des réflexions sans fond ! Nos blessures relationnelles nous rappellent sans cesse les frontières sensibles entre notre liberté et celle de l’autre, celle des autres.

C’est à ce moment qu’elle sort son téléphone pour me faire entendre une phrase qu’elle a enregistré, histoire de ne pas l’oublier :
« La liberté, c’est accepter de laisser partir ce à quoi tu tiens le plus. »
Là quand même, je me sentais un peu piégée. Si ce à quoi je tiens le plus est la liberté, et que pour être libre il faut que je la laisse partir, qu’est-ce que je dois réellement laisser partir ?
Tu as peut-être des bonnes réponses à cette question…

Pour ma part, mon corps allait me mettre sur la piste. Plus précisément, c’est ma colonne vertébrale qui s’est manifestée.
Je te raconte.

Depuis quelques jours, j’observais que chaque fois que je voulais prendre une profonde inspiration, je devais ajuster ma posture, comme pour faire plus de place à mon souffle.
Pour lui permettre d’aller au bout de son mouvement, je devais me redresser. Légèrement, mais pleinement. À chaque inspiration profonde, ma colonne avait besoin de faire ce petit mouvement involontaire et spontané. Je me disais : « Ça c’est bizarre, il se passe quelque chose dans ma posture… »

Au moment où mon amie me fait entendre cette phrase, j’inspire un grand coup, comme pour l’écouter un peu plus fort et laisser résonner en moi ce qu’elle déclenche, et là, d’autres mots sont venus. Pendant que ma posture « s’ajustais », j’entendais « Redresse-toi, respire et redresse-toi. »
« Porter la liberté est la seule charge qui redresse bien le dos. » Patrick Chamoiseau

Pour la thérapeute du corps que je suis, cette très belle citation est une invitation poétique à prendre sa place, à exprimer cette nature qui est capable de nous redresser malgré nous. C’est le genre de citation que j’épingle volontiers sur mon frigo pour pouvoir la répéter aussi souvent que possible.

As-tu besoin de laisser partir quelque chose ? Ou quelqu’un ? Est-ce que la charge que tu portes te redresse bien le dos ?

Bonne méditation