Le génie du corps, une ressource pour mieux se connaitre

Connaissez-vous la proprioception ?

L’autre jour, j’étais devant ma télé à regarder un magnifique documentaire sur les arbres. Des chercheurs se demandaient pourquoi les arbres poussent à la verticale ? Qu’est-ce qui fait qu’ils s’élèvent vers le haut, (tout comme nous, d’ailleurs). Personnellement, c’est le genre de question inusitée qui pique toujours ma curiosité. J’ai appris dans ce reportage que les arbres, tout comme nous les êtres humains, sont dotés d’une intelligence sensible qui leur permet d’avoir le « sens de soi ».

https://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/site/episodes/517356/genie-arbres-episode-1

L’expérience a démontré que, même si le soleil et la gravité participent au mouvement des arbres qui poussent vers le ciel, ils ne sont pas les seuls responsables. En effet, et c’est là que j’ai trouvé ça vraiment passionnant, même s’ils sont privés de lumière et de gravité, les petits arbres se redressent malgré tout sur eux-mêmes.

Qu’est-ce que cette expérience nous montre ? La première chose est que les arbres sont dotés d’une formidable intelligence interne, à savoir, un sens très particulier qu’on appelle la proprioception. Le mot proprioception veut dire : « proprio », propre à soi, et « ception » qui veut dire capter, apercevoir. Un sixième sens par lequel on se perçoit soi-même. La deuxième chose que cette expérience nous apprend et que je veux partager avec vous est que ce sixième sens est une extraordinaire force d’adaptation !

En temps de pandémie mondiale, quand il nous est demandé de nous réinventer, de nous adapter, de rebondir face à l’inconnu, les arbres nous révèlent ici une grande leçon de vie. Et forcent l’inspiration.

Pour un professionnel du corps, la proprioception est une notion de base. C’est émouvant de réaliser que les arbres possèdent aussi cette sensibilité propre. Mais ce qui m’a vraiment bouleversée, c’est de voir, en direct, à quel point le sens du corps est une intelligence d’adaptation remarquable. Privé de tous ses repères extérieurs pour se déployer, cette intelligence interne puise à ses propres ressources et s’adapte aux milieux les plus hostiles. Le corps humain sait parfaitement faire cette chose-là.

Libérer le corps de ses tensions, de ses crispations et ses blocages, ça fait du bien, mais ce que ça fait surtout, c’est de libérer « le sens du corps » de ses entraves et redonner à cette intelligence sensible son plein potentiel. Raviver les fonctions qui permettent au corps de se situer, de s’ancrer en lui-même mais aussi de s’adapter avec force et justesse à l’inconnu et l’imprévisible.

Si vous avez lu les articles précédents, (liens vers art. 1 et 2) vous vous souviendrez que notre « héroïne » est une créatrice-perfectionniste. Elle veut se démarquer, trouver sa place et exprimer son originalité. Elle aspire à réussir sa vie. Sa plus grande force est son imaginaire créateur mais sa difficulté est que quelque chose, quelque part s’interpose entre sa créativité débordante et sa capacité à la manifester librement. Qu’on appelle cette difficulté le syndrome de l’imposteur, ou encore la stratégie inconsciente de l’auto-sabotage, pour surmonter et dépasser cette barrière, elle aura besoin d’appuis, d’alliés et de ressources qu’elle puisera en elle-même. Les sciences de la nature peuvent parfois être très inspirantes…

Petit rappel sur les trois clés de transformation.

Il y a trois grandes étapes pour faire d’une expérience corporelle une occasion de mieux se connaitre, de se redresser en soi-même et d’affirmer en toute dignité son déploiement.

La première étape est de libérer « le sens du corps », cette intelligence interne du corps qui se perçoit et s’adapte avec justesse et intelligence. Ici, le relâchement est nécessaire.

Le deuxième niveau de libération est « le sens de soi ». Ce sens apparait quand notre conscience perçoit le corps et l’intelligence qu’il déploie. On appelle ce sens « approprioception ». C’est à ce niveau d’ouverture que la conscience du corps nous donne accès au « sentiment d’exister pleinement ». Ici, la pleine présence est nécessaire. (Voir le prochain article)

La troisième clé est « La résonance du sens ». Un « eureka » où la sensation dans le corps, la direction de la pensée et la signification qu’elle prend, s’emboitent pour nous révéler un nouveau sens. Ici, faire l’exercice de la réflexion est nécessaire. Mais je vous en reparle plus en détail dans un prochain article. À suivre…

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